Florianópolis, la prison ou l’île de la tentation.

Publié le par Jiben

Mardi ou mercredi 25 juillet.

           Apres Barra Mansa, Rio de Janeiro et Curitiba, la fanfare arrive à Florippa. Où plutôt Barra de Lagoa, petit aperçu du paradis (après Chartres bien sur !).  Nous logeons dans une maison en bois qui surplombe une petite crique de sable fin. De la terrasse la cime des arbres nous lèche les pieds. Des aires de samba nous enivrent, la caipirinha aussi. Nous profitons de ce cadre pour  répéter les cou… pieds dans l’eau. Je m’arrête la pour la description, ça sera mieux de vive voix.  

           D´autant que je voulais vous parler de la prison. Moment intense pour moi. (La fanfare aussi, je pense). Mercredi, nous arrivons à l’alliance française vers 12 heures. Frederic, le directeur, nous accueille et annonce le programme de la journée.

 -«  J’ai appelé pour la prison. Vous y aller dans deux heures. Puis ce sera l´ouverture d u Forum da Cidade dans un centre culturel. »

          Un bus de la police militaire vient nous chercher. Ça commence à être sérieux. La police s’est vraie que ce n’est pas trop mon truc. Les militaires non plus. Mais là, police ET militaire, ça fait beaucoup. Arrivée à la prison, la pression monte un peu. On est quand même au Brésil et les prisons n’ont pas vraiment bonne réputation. Nous sommes accueilli par la directrice. Nous allons jouer dans la partie psychiatrique. L’infirmière nous explique :   

-« Il n’y aura vraiment aucun souci s’il n’y pas de caractère sexuel. La musique ne doit pas être trop violente non plus. » Apres moult  discussions nous décidons de nous déguiser. Les filles et es travelos aussi. A priori les détenus seront derrière une grille. C’est dommage mais rassurant.

Un gardien nous fait signe de le suivre. Nous longeons une grille. Deux molosses (genre croisés pitbull/hyène/David  Douillet) aboient sur un mirador. La pression monte encore un peu. D‘un coup le gardien ouvre une porte. Il nous fait signe de rentrer. En une minute, la fanfare est au cœur de la cour. Le gardien referme la porte et reste à l’extérieur.   

Nous seul (ou presque), déguisés, avec une centaine de détenus complètement libre, au Brésil. Mais tout va bien car c’est dans la partie psychiatrique ! La pression monte d’un coup. Je sens que mes jambes ont envie d’applaudir (si, si ça arrive). Heureusement j’ai mal au genou. Les belles rouflaquettes d’Olaf, mon compère des basses, me font signe de me rapprocher. Je ne le regretterai pas.  

 

Les détenus se sont rassemblés. Ils sont calmes, nous, tendus. Les médicaments ont l’air de les shooter. Même s’il est difficile de croiser leur regard vide, nous éveillons des sourires. Colin nous attire au milieu du public pour la dernière chanson. Quelques uns danse autour de nous. La sauce prend. Sammy se lance dans un chorus mutant dans la dernière accélération. Un détenu se met à crier. Il se roule par terre, se donne des coups de poing. Je repense aux paroles de l ‘infirmière. Les autres ont l’air habitués à lui. OUF ! Tous demandent un rappel que nous entamons avec joie. Nous serrons quelques mains puis c’est le départ.  Une journée inoubliable pour nous mais pour eux, une goutte d’eau dans l’océan ?

                                                                  Benjamin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans temoignages

Commenter cet article